Il s’agit du deuxième roman de Noham Selcer qui par ailleurs est aussi professeur de mathématiques et dramaturge qui pour le coup transforme avec un immense talent l’exercice toujours périlleux de la publication d’un deuxième livre. La grande qualité de cette rentrée littéraire c’est la diversité des textes et là nous sommes servis, ce roman n’est à nul autre pareil et porte une ambition littéraire immense : il croit avec puissance au pouvoir de la fiction. Par moment, en le lisant, nous pourrions le rapprocher de romancier américain comme Nathan Hill.

« Midgar » c’est la terre du milieu dans la mythologie nordique mais aussi la cité tentaculaire, industrielle et inquiétante du jeu vidéo Final Fantasy VII. C’est la toile de fond de ce roman qui va suivre une sœur, Sura et ses deux fréres Zekik et Gaston, pendant une trentaine d’années, depuis leur enfance construite autour de ce jeu puis leurs parcours d’adultes dans le monde réel qui semble conduit par « un système qui annihile la possibilité même de la vie sur Terre ». Chacun d’entre eux empruntera une voie différente, si ce n’est opposée, la révolte, l’adhésion et la folie. Noham Selcer entremêle dans son roman la construction du jeu vidéo, le sacré avec les cinq livres de la Torah et le tragique avec le théâtre de Shakespeare et nous fait parcourir ces trois décennies dans un texte d’une rare finesse et intelligence. Au final dans ce livre il est beaucoup question de sauvegarde, celle du jeu vidéo, celle de la famille mais aussi celle de la planète et surtout du pouvoir du roman.








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