A voix haute de Polina Panassenko aux éditions de l’Olivier

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Encore un deuxième roman, et encore une réussite pour Polina Panassenko après « Tenir sa langue », nous restons dans le langage ! Cette autrice sait manier l’humour, le décalage et dispose en plus d’une immense inventivité, nous ne savons jamais où elle va nous emmener mais on adore la suivre.

Notre héroïne, qui vit en France, exilée, décide de retourner à Moscou, au début des années Poutine, pour apprendre le métier d’actrice dans la prestigieuse école d’art dramatique où elle a réussi à rentrer mais aura bien du mal à se faire accepter. Elle loge chez son grand père chez qui il faut chuchoter lorsqu’on se trouve à proximité de la porte d’entrée.

Son livre est parsemé de moments ironiques, agrandir la collection de chewing-gums collés sur une grille d’ascenseur, déguiser des teckels en personnages de Tchekhov, chanter du Joe Dassin juste après avoir récité du Anna Akhmatova et dans même mouvement, après la découverte d’une photo de son arrière grand-père, d’une enquête sur sa disparition, un impensé dans sa famille.

Face au langage il y a donc ce silence qu’il va falloir explorer, se frottant aux archives du KGB, prenant trains et bus pour aller au fond de la Sibérie chercher les quelques traces qui peuvent rester dans un musée improvisé dans le deux pièces d’un homme qui consacre sa vie à faire réapparaître ceux qui ont disparu.

Un immense roman.

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