Sylvain Prudomme sait saisir ses personnages comme nul autre romancier et là il se surpasse en réussissant le tour de force d’incarner avec une force narrative redoutable une disparition.

Le narrateur va rencontrer Paola sur un parking où elle vient d’être débarquée d’un hélicoptère avec son matériel de photographe. Elle revient d’une expédition dans une montagne qui surplombe une zone de forêt, de l’autre côté du lac, interdite à tout humain. Et dans ce court moment où il va l’aider à porter son matériel notre narrateur a un coup de foudre. Celui-ci va s’étendre pendant quelques échanges épistolaires mais Paola en revenant dans cette zone en hiver refaire des photos va disparaître.
Notre narrateur refuse cette disparition, cette possibilité d’un début d’histoire amoureuse qu’elle lui impose et va se lancer dans la quête de Paola. Dans le même mouvement, il va aussi tenter de comprendre qu’elle était la quête de celle-ci et ce qui l’a amené de l’autre côté du lac.
Mais peut-on tout saisir dans un regard, dans une enquête, dans une photographie et au final qu’arrivons nous vraiment à connaître ?
Sylvain Prudhomme fait osciller son roman entre virevoltes et tensions narratives et moment de contemplation et d’immobilité autour de ce paysage mystérieux et inaccessible, de l’autre côté du lac.








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