“On ne verra pas les fleurs le long de la route” d’Eric Pessan, édition Aux forges du vulcain


Ce qui interpelle en premier lieu avec ce livre, c’est sa construction : Eric Pessan a choisi d’intégrer à son récit plus de 1000 citations tirés d’autres ouvrages, donc il fait la liste en bas de page. C’est quelques mots paraissent parfois être plus prétexte à référencer un livre, comme si l’auteur avait voulu nous proposer et sauvegarder sa bibliothèque idéale et indispensable.

Le procédé peut être déstabilisant au début de la lecture, pourtant cet assemblage est parfaitement fluide et maîtrisé. Et ce parti pris trouve tout son sens dans cette dystopie pas très lointaine, où à force d’écouter des podcasts et de regarder des vidéos pour s’informer, ou pour ses loisirs, l’écriture et la lecture sont devenues superflues. L’argument écologique est même avancé pour supprimer l’impression de livres.

Dans cette nouvelle société, dont la masse s’accommode, reste quelques ovnis pour faire de la résistance. Le personnage principal est accompagné d’une jeune femme, d’eux on ne sait que peu de chose, ils roulent et cherche à s’extraire du système. Ils squattent et se servent là ils trouvent de quoi subsister, on pourrait qualifier cela d’errance militante. Autour d’eux des feux de forêt dont plus personne ne semble se soucier… Son mode d’action à lui : le happening artistique, parfois il écrit sur les murs des mots que plus personne ou presque ne sait lire, ou casse des pare-brise de SUV ; le sien à elle : la poésie, dans un monde où posséder un cahier est interdit. Et pourtant dans ce monde, il y a parfois des éclaircies et de fragiles espoirs.

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