« Les années souterraines » d’Hugo Lindenberg, éditions Flammarion

Ce texte est le troisième d’une trilogie entamée par l’auteur avec « Un jour ce sera vide », prix du livre inter et « La nuit imaginaire » qu’il était venu présenter au bazar utopique autour de l’enfance, la sienne bien entendu mais plus comme un matériau et pas dans une visée autobiographique.

Hugo Lindenberg dispose d’une arme fatale, une plume d’une qualité rare dans à la fois sa force d’évocation et son immense sensibilité. Le mélange des deux donne à ses textes une puissance sans égale et, dans une forme d’alchimie, les transforme presque simultanément en « classique ».

Ce roman évoque le retour d’un fils, parti vivre à l’étranger, dans l’appartement parisien de son père, décédé depuis quelques années et dont il souhaite se débarrasser (de l’appartement donc, pas du père, même si…). A travers ce retour et son errance dans et autour de cet immeuble, le narrateur retrace une partie de son enfance avec ce père, au mieux indifférent, retrouvant odeurs, sensations, lieux. Pas de jugement sur lui dans ces pages mais une évocation sensible de leur relation particulière, un portrait à la fois de l’enfant, de l’enfance même, du père et de l’époque (les années 90).

Hugo Lindenberg dans ce portrait d’un enfant, « invité » chez son père, élabore un texte intense, pas exempt de drôlerie ni de nuances mais surtout humain, profondément humain.

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