« Hystérie collective » de Lionel Shriver, éditions Belfond

Lionel Shriver est une autrice américaine vivant depuis des années en Angleterre qui dans ces romans aiment à mettre en question des sujets qui traversent nos sociétés, comme par exemple la mort assistée dans son roman précédent «  A prendre ou à laisser ».

Dans « Hystérie collective » la romancière imagine une Amérique gangrenée par le mouvement de « la parité mentale ». Quiconque prétend être plus intelligent qu’un autre est aussitôt mis au ban. Contrôles, examens d’entrée, concours sont supprimés au profit d’un nivellement par le bas dont les conséquences vont s’avérer dramatiques pour le pays et ses habitants.

Face à cela, son héroïne, Pearson, professeure de français, va s’opposer, prenant tous les risques, y compris celui de tout perdre. On a envie d’adhérer à son combat alors que pourtant elle est en même temps profondément antipathique avec par exemple son obsession pour le génie de ses deux premiers enfants qu’elle a conçu de manière assistée avec du sperme à méga-QI.

L’autre point de vue passionnant de ce roman c’est la façon dont l’autrice décortique les dynamiques amicales entre son héroïne renégate et sa meilleure amie depuis des décennies, la charismatique Emory, journaliste qui, elle, embrasse avec opportunisme la nouvelle croyance égalitariste. Elle dépeint de façon juste et sincère, sans le masque facile de la farce satirique, le terrible dilemme consistant à faire un choix -ou pas- entre une amitié et ses valeurs. Un chagrin d’amitié peut blesser tout autant, et peut-être plus qu’une déception amoureuse.

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